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Lorsqu’on évoque l’interprète Benoîte Boulard (1927-1985) la mémoire collective réunionnaise lui associe inévitablement celui du ségatier Maxime Laope (1922-2005), faisant référence aux multiples succès que les deux artistes ont ensemble interprétés. Cela dit, il nous faut rester prudent face aux préjugés et généralités hâtives, car s’il est vrai que ces deux chanteurs populaires figuraient souvent côte à côte, il faut noter qu’une certaine concurrence les opposait parfois, notamment lorsqu’ils jouaient séparément leur place sur un podium de radio-crochets. Si Benoîte acquit largement la reconnaissance du public, notamment grâce à ses qualités vocales et sa prestance scénique, elle se disait le devoir avant tout à son collaborateur accordéoniste Elie, dit «Loulou». Musicien de bal, orchestrateur et compositeur pour les disques réunionnais du Label Festival, Loulou Pitou fût, quand à lui, un des musiciens les plus actifs de sa génération. Loulou fut ainsi celui qui permît à Benoîte, l’une des premières voix féminines réunionnaises, d’être artistiquement reconnue.