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Né à Maurice en 1952, Bam Cuttayen a amplement gagné sa place dans l’histoire socioculturelle de l’île, grâce à son engagement politique, artistique et aux actions qu’il mena en faveur d’une société meilleure.
Il contribua à modifier certains comportements et à faire évoluer les mentalités en dénonçant principalement les problèmes rencontrés au sein de la société mauricienne, sans aucune retenue, mais de manière très métaphysique.
Auteur, compositeur et interprète, c’est au travers de ses chansons engagées qu’il sensibilisa son public, devenant un des précurseurs du répertoire musical qui se popularisa dans les années 1970, dites «années de braise» pour l’île sœur.
En fidèle défenseur des droits de l’homme et de l’humanité, il voua sa vie à la misère en se rapprochant du petit peuple pour mieux le comprendre et le dépeindre.
Ses paroles sont d’un réalisme intense alors que sa musique traduit un métissage avant-gardiste pour l’époque entre l’Inde, l’Afrique et l’Europe. «La musique composée par Bam est une synthèse des différentes influences culturelles concentrées sur le territoire mauricien.
Puisant sa force dans le sega traditionnel, elle tend vers un dépassement stylistique en vue d’une musique métissée unique. Aux battements des ravannes (tambours sur cadre fait de peau de cabris) se mêlent par exemple ceux des tablas, de manière à obtenir une fusion originale.
Précurseur en ce domaine, il ouvre une voie vers le métissage musical, largement exploité à l’île Maurice aujourd’hui, et traduit par l’émergence régulière de nouveaux styles (le courant le plus profondément implanté depuis les années 1990 étant le seggae-séga-reggae)».